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Chômage à Genève : les raisons de s’inquiéter

NousFrontaliers fait un zoom sur la situation de l’emploi à Genève : la baisse des exportations dans l’horlogerie est-elle une menace pour l’emploi à Genève ? Comment sont indemnisés les frontaliers en cas de chômage ?

Genève, championne du chômage en Suisse

Fin août, le taux de chômage à Genève se maintenait à 5,5 %, mais restait le plus élevé du pays, le taux national étant de 3,2 %.

Quels sont les secteurs les plus touchés par le chômage à Genève fin août 2015 ?

  • la métallurgie (+22 chômeurs)
  • l’horlogerie (+39 chômeurs)
  • l’administration publique et les assurances sociales (+97 chômeurs)

Les secteurs des transports, de l’immobilier et du monde bancaire enregistraient quant à eux une légère baisse du nombre de chômeurs.

Une raison à ce taux de chômage élevé, serait l’inadéquation entre l’offre et la demande. Les emplois “pointus” du secteur de la finance ou du négoce, ne trouvent pas nécessairement preneurs.

Le secteur de l’horlogerie menacé

Traditionnellement, à Genève, l’horlogerie est le secteur qui exporte le plus (24,6 % du total des exportations du canton), suivi par le secteur de la bijouterie (20 %). Or, ces derniers temps, on enregistre une baisse des exportations qui s’explique par la réévaluation du franc suisse (avec l’abandon du taux plancher) et le ralentissement de l’économie chinoise. Depuis le début de l’année, les exportations de montres à Hong Kong ont diminué de 21 %, et de 4 % en Chine continentale. Cette situation a un impact direct sur l’emploi et le chômage à Genève. La crise en Chine est donc à surveiller de près.

L’indemnisation chômage des frontaliers à Genève

A Genève, le chômage touche plus les étrangers que les Suisses. Les frontaliers ne sont donc pas à l’abri.

Lorsqu’un frontalier travaillant à Genève se retrouve au chômage total, il ne peut pas s’inscrire comme demandeur d’emploi en Suisse, mais doit le faire en France à Pôle emploi. Les indemnisations françaises s’élèvent à 57 % du dernier salaire, contre 70 à 80 % côté Suisse ; mais le chômeur bénéficie d’une durée d’indemnisation plus importante, soit 700 jours. A l’inverse, en cas de chômage partiel, c’est la Suisse qui indemnise.

Dans un précédent article, on vous expliquait que des frontaliers avaient trouvé des failles dans ce système et parvenaient à toucher une indemnité chômage en France alors qu’ils avaient repris une activité salariée en Suisse.

Sophie Desgain