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Euthanasie et suicide assisté : en plein essor en Suisse

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Euthanasie et aide au suicide, une même réalité 

La Suisse autorise différentes pratiques, toujours en présence d’un médecin ou sous son contrôle :

  • l’euthanasie active indirecte qui consiste à donner des substances pour réduire la souffrance, avec comme effet secondaire possible la mort ;
  • l’euthanasie passive qui consiste à interrompre le dispositif médical de maintien de vie ;
  • le suicide assisté et organisé par des associations. Dans ce cas, la personne prend elle-même la dose mortelle.

L’aide au suicide, de plus en plus de demandes

Le Code pénal autorise l’euthanasie en Suisse, à condition qu’elle ne soit pas motivée par un « mobile égoïste ». C’est une démarche bien encadrée. Vous devez d’abord adhérer à une “Association de droit de mourir dans la dignité” (A.D.M.D.) comme Exit et Dignitas. Elles reçoivent une centaine de demandes d’adhésion par jour. Elles forment des “anges de la mort”, qui accompagnent les candidats.
Mais pour obtenir une aide au suicide, il faut remplir plusieurs conditions. Vous devez envoyer un certificat attestant votre bonne santé mentale et faire une demande manuscrite – une sorte de lettre de motivation – renouvelant votre souhait de mourir. Et c’est votre dossier médical qui va justifier votre demande : maladie incurable, souffrances intolérables, etc. Les associations envisagent cependant d’élargir le suicide assisté aux personnes âgées vivant dans des conditions de santé précaires : de nouveaux adhérents en perspective...

La Suisse, le Vegas de la mort ?

A l’image de Las Vegas, le Graal du tourisme nuptial, la Suisse est en passe de devenir un haut lieu du tourisme de la mort. Sujet sensible s’il en est, l’association Dignitas (seule ouverte aux étrangers) a été accusée de se faire de l’argent avec le commerce du suicide en Suisse.
Le suicide médicalement assisté est légal (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) ou tout du moins légiféré (Norvège, Suède, Allemagne, Autriche) dans de nombreux pays européens. En France, même si l’affaire Vincent Lambert a relancé le débat, cette pratique reste interdite. Ce qui incite certaines familles à passer la frontière pour accompagner un proche à mourir dans la dignité. 

 

 

 

Sophie Desgain